DMLA : « On peut agir et ne pas subir ! »

À l’occasion des Journées nationales de la macula du 24 au 28 juin 2019, le Dr Jean-Baptiste Guillaume, Praticien hospitalier, ophtalmologiste-chirurgien des hôpitaux, fait le point sur cette pathologie et nous explique l’importance de la prévention. 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la DMLA ?

Dr Jean-Baptiste Guillaume : Ce sigle signifie la dégénérescence maculaire liée à l’âge. C’est en fait une altération progressive de la macula (la zone de couleur jaune située au centre de la rétine) qui se manifeste en général chez les personnes de plus de 60 ans. Cette pathologie résulte de causes multiples qui peuvent être génétiques ou environnementales. Elle peut entraîner une perte de la vision centrale. Aujourd’hui, elle concerne près d’un million de personnes en France et c’est la première cause de malvoyance après 60 ans. 

Quel est l’objectif des Journées nationales de la macula ? 

La prévention ! On n’en parle pas assez ! Au stade initial, aucun symptôme n’est perceptible par les patients. Nous, professionnels, avons la possibilité par un simple examen de déceler les débuts d’une DMLA, d’où l’intérêt se faire dépister à partir de 60 ans. En cas d’antécédents familiaux, de diabète, de baisse de la vision ou de gondolement des lignes de vision, il est également nécessaire de consulter.

Il existe deux sortes de DMLA…

Effectivement, cette pathologie se manifeste de deux manières : la forme atrophique et la forme exutoire.

  • la DMLA atrophique, dite « sèche » évolue en général lentement (sur une dizaine d’années, voire plus). Du coup, les patients atteints de DMLA atrophique conservent longtemps une vision relativement satisfaisante, mais sont gênés pour les activités nécessitant la reconnaissance des détails ;
  • la DMLA exutoire, dite « humide » est la plus fréquente. Elle évolue plus rapidement.
    Elle se caractérise par le développement de vaisseaux anormaux dans la macula. Ces vaisseaux sont fragiles et peuvent être responsables d’œdèmes ou d’hémorragie.

Comment prévenir l’apparition de la DMLA et ralentir son évolution ?

Selon les dernières études sur le sujet (l’étude POLA, AREDS et EDCCS), les facteurs aggravants seraient les suivants :

  • l’origine ethnique. Plus la peau des patients est claire, plus le risque d’être atteint est fort. La DMLA touche 2,4 % des mélanodermes (les personnes dont la peau est de couleur foncée ; 4,2 % des hispaniques ; 4,6 % des asiatiques et 5,4 % des caucasiens ;
  • le tabagisme ;
  • la consommation d’alcool. À noter que 2 verres de vin rouge protègent de la DMLA grâce au polyphénol qui est un antioxydant.

Contrairement aux idées reçues, la pathologie touche autant les femmes que les hommes. De plus, l’hypertension et l’exposition au soleil n’ont aucun effet aggravant.

Pour prévenir l’apparition de la DMLA, nous recommandons de ne pas fumer et d’avoir d’une bonne hygiène de vie (une alimentation équilibrée et riche en oméga 3, une activité physique régulière).

 Comment vivre avec la DMLA ? 

Il y a 4 points essentiels :

  • sensibiliser les gens sur le fait que la DMLA ne rend pas aveugle ;
  • ne pas écouter les oiseaux de mauvais augure : il est toujours temps d’agir !
  • faire ce qu’il faut pour ne pas que cela s’aggrave (cf. 5 conseils pour lutter contre la DMLA)
  • garder espoir : Les progrès de la science concernant cette pathologie sont nombreux.

Aujourd’hui, il existe des traitements adaptés pour stopper l’évolution. D’où l’intérêt de se faire dépister et de réagir vite lorsque les symptômes sont là !

Des initiatives de prévention sont prises dans toute la France. À l'hôpital de Sète, nous avons, à l’initiative de notre directrice, dédié une ligne téléphonique à la DMLA, les patients peuvent appeler pour toutes questions.

Interview réalisée par la rédaction, le 18 juin 2019.